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Immersion au sein de la pêcherie indienne de palourde d’Ashtamudi

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Marine Stewardship Council de juillet 11, 2014 - 10:06 dans Peche durable
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Cet article a été rédigé par Yemi Oloruntuyi, responsable du programme MSC pour les pays en voie de développement.

La pêcherie de palourde (Paphia malabarica) de l’estuaire d’Ashtamudi, dans le sud de l’Inde, est entrée en évaluation MSC en 2013. Dans le cadre de cette évaluation, des auditeurs indépendants ont dû se rendre sur cette pêcherie… nous en avons profité pour les accompagner !

Nous nous sommes rendus à Kollam, une ville vivante et colorée, située à environ trois heures de Cochin, la capitale de l’état indien du Kerala. Nous avons parcouru les dédales de ses rues bordées de cocotiers avant d’arriver sur le quai et prendre le bateau vers la pêcherie.

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Un pêcheur à la main d’Ashtamudi qui utilise ses pieds pour déterrer les palourdes

Comment pêche-t-on les palourdes dans l’estuaire d’Ashtamudi ?

Dans l’estuaire d’Ashtamudi, il existe deux méthodes pour pêcher la palourde. La première est la pêche à la main, une méthode traditionnelle qui consiste à ramasser manuellement les palourdes en se mettant debout, à côté du bateau.La deuxième méthode consiste à utiliser des râteaux : les bateaux sont légèrement plus grands et les pêcheurs plus nombreux par embarcation. Dans les deux cas, une fois les palourdes ramassées, elles sont tamisées et triées pour relâcher les juvéniles à l’eau. Les palourdes atteignent la maturité sexuelle quand elles mesurent entre 15 et 20 mm.Il est important qu’elles ne soient pas récoltées avant qu’elles n’aient eu le temps de grandir et de se reproduire.

Les pêcheurs commencent à travailler une fois que la marée est basse car il doit y avoir le moins d’eau possible pour pêcher. Ils reviennent sur la terre ferme avant marée haute. Souvent, ils ne peuvent pas pêcher plus de 4 heures par jour. De plus, ils ne pêchent ni le dimanche, ni entre décembre et mars, durant les 3 mois de reproduction.

Pourquoi s’engager dans une certification MSC ?

Joseph James a travaillé dans cette pêcherie de palourde pendant 25 ans, depuis qu’il en a 18. Son père était aussi pêcheur. Il s’intéresse à la certification MSC car il souhaite qu’on reconnaisse ses efforts entrepris pour garder sa pêcherie en bonne santé. Il espère également que la certification MSC lui permettra de vendre ses palourdes à meilleurs prix.

Joseph pense qu’en obtenant de meilleurs prix, ils pourraient encore réduire leur effort de pêche.Il est persuadé qu’en continuant de pêcher de façon durable, la ressource sera préservée pour les générations futures. Quand on lui demande ce qu’il espère pour sa pêcherie, il répond: «De meilleurs prix, des produits de bonne qualité et des règles strictes pour s’assurer que la pêcherie reste en bonne santé et que la ressource reste disponible pour les générations futures. »

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Caisses de palourdes à la plateforme centrale … prêtes à être achetées !

La pêche : une histoire de famille

La pêcherie fait vivre près de 1000 pêcheurs. Certains d’entre eux vivent dans les nombreuses îles tropicales autour de Kollam. Une des îles, Saint-Sébastien, abrite 27 familles qui ont presque toutes des liens entre elles.

Lorsque les hommes reviennent de la pêche, ce sont leurs femmes qui prennent le relai. La première étape est la phase de d’épuration, au cours de laquelle on enlève toute trace de polluants. Elle a lieu sur place, à même les caisses. L’étape suivante est l’ébullition et le retrait des coquilles. Une fois que les coquilles sont retirées,  les corps des palourdes sont acheminés jusqu’à la plateforme centrale où des agents locaux les pèsent, les recouvrent de glace et les amènent jusqu’aux acheteurs. Par la suite, les acheteurs exportent les palourdes au Vietnam, en Malaisie et en Thaïlande.

La méthode d’évaluation RBF des pêcheries

Satisfaits de leurs observations au sein de la pêcherie, les auditeurs ont procédé à l’étape suivante : l’application du RBF, un outil d’évaluation basé sur l’analyse des risques qui permet d’auditer les pêcheries qui manquent de données. Dans le cas de la pêcherie de palourde d’Ashtamudi, l’équipe d’évaluation a organisé un atelier des parties prenantes pour recueillir des informations qualitatives et semi-quantitatives pour pouvoir évaluer la pêcherie selon le Référentiel MSC.

En l’absence de données exhaustives d’évaluation des stocks, des informations plus informelles peuvent être utilisées pour déterminer la performance de la pêcherie. On peut citer notamment le temps consacré à la pêche, l’étendue spatiale de l’activité de pêche, la profondeur de pêche, la répartition des espèces, la taille des engins de pêche et les caractéristiques du cycle de vie des espèces, y compris le nombre d’œufs, la longueur maximale et la taille à maturité. Les auditeurs travaillent avec un groupe diversifié et équilibré de parties prenantes pour recueillir ces informations. Les informations sont recueillies et utilisées pour arriver à un score qui donne une indication de l’impact des activités de pêche sur les espèces pêchées.

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Les auditeurs Jim Andrews et Dr Appukutan présentant la méthodologie d’évaluation RBF lors de l’atelier avec les pêcheurs d’Ashtamudi

Pour cette pêcherie, l’atelier « RBF » a eu lieu dans la mairie de Kollam. Environ 30 pêcheurs y ont participé. Jim, l’un des auditeurs a commencé par présenter l’équipe d’évaluation. Il a ensuite donné une brève explication du processus RBF. Dr Appukutan, l’autre auditeur de l’équipe traduisait en même temps en malayalam. Ils ont ensuite discuté du RBF (à la fois en anglais et en malayalam).

Globalement, ils semblent satisfaits de leur pêcherie et considèrent qu’elle est gérée de manière durable. Beaucoup de pêcheurs sont préoccupés par les marchés et les prix qu’ils obtiennent pour leurs palourdes (ils aimeraient obtenir de meilleurs prix). Mais avant tout, ils veulent que la pêcherie continue d’être gérée de manière durable pour qu’elle existe encore pour longtemps !

 Cet article est une traduction de l’article anglais que vous pouvez retrouver ici.

Marine Stewardship Council

Marine Stewardship Council

Le MSC face aux risques de la surpêche, le MSC s’engage pour la préservation des espèces et de l’habitat marins grâce à un label exigeant qui permet aux consommateurs de faire le choix de la pêche durable. Avec la certification MSC et le label bleu, l’organisation agit avec ses partenaires pour un juste équilibre entre exploitation économique des produits de la mer et préservation des ressources et de l’environnement, pour aujourd’hui comme pour demain.
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